Guide · Cartographie & 3D · Publié le 8 septembre 2026

Photogrammétrie ou LiDAR par drone : que choisir pour votre relevé ?

Les deux technologies produisent un nuage de points 3D, mais elles ne mesurent pas la même chose et ne coûtent pas le même prix. Pour la majorité des relevés de chantier, de carrière ou de bâtiment, la photogrammétrie par drone suffit largement ; dans quelques cas, le LiDAR est incontournable. Voici comment trancher.

Deux façons de mesurer le monde

La photogrammétrie reconstruit la 3D à partir de centaines de photos qui se recouvrent. Le logiciel identifie les mêmes détails sur plusieurs images et en déduit leur position dans l'espace. Le résultat est un nuage de points colorisé, un maillage texturé photoréaliste et une orthophoto : on mesure ce que l'on voit. Avec un drone RTK comme le DJI Matrice 4E, chaque photo est positionnée à quelques centimètres près, et la précision finale atteint 2 à 5 cm en planimétrie sur un site dégagé.

Le LiDAR mesure directement des distances en envoyant des impulsions laser et en chronométrant leur retour. Il ne dépend pas de la texture ni de la lumière et, surtout, une partie des impulsions traverse la végétation pour atteindre le sol. Le nuage est dense et géométriquement fiable, mais sans couleur native et sans orthophoto ; le capteur est nettement plus coûteux.

CritèrePhotogrammétrie (Matrice 4E)LiDAR aéroporté
Précision sur sol dégagé2 – 5 cm (RTK + points de contrôle)3 – 5 cm
Sol sous végétationNon mesuré (le modèle suit la canopée)Mesuré si la végétation n'est pas trop dense
Rendu visuelPhotoréaliste, orthophoto, textureNuage monochrome (colorisation possible par caméra annexe)
Surfaces uniformes (sable, neige, eau, bac acier)DifficilesSans problème
Éléments fins (câbles, garde-corps, poteaux)Souvent absents ou déformésBien capturés
Temps de traitementLong (calcul dense)Court
Coût de la missionModéréÉlevé

Quand la photogrammétrie est le bon choix

Dans la grande majorité des besoins de BTP, d'industrie et de patrimoine, la photogrammétrie est plus économique et plus lisible :

  • Cubature de stocks et de déblais/remblais en carrière ou sur chantier : les volumes de matériaux nus se calculent à 1 à 2 % près.
  • Suivi de chantier : l'orthophoto datée est le document que tout le monde comprend, du maître d'ouvrage au conducteur de travaux.
  • Relevé de façades et de toitures pour la rénovation, le ravalement ou le diagnostic : la texture montre les fissures, les désordres, les matériaux.
  • Modèle 3D de bâtiment ou de site patrimonial pour la communication, la maquette BIM ou l'archivage.
  • Cartographie parcellaire agricole ou foncière sur sol dégagé.

Quand le LiDAR s'impose

  • Relevé topographique sous couvert forestier ou dans une friche très végétalisée : seul le LiDAR atteint le sol.
  • Corridors linéaires (lignes électriques, voies, digues) où les câbles et structures fines doivent apparaître.
  • Intérieurs industriels ou zones sans lumière ni texture.
  • Besoins de MNT très précis en zone humide ou de modélisation hydraulique.

Dans ces cas, nous orientons vers un partenaire équipé LiDAR ou combinons les deux : LiDAR pour la géométrie du sol, photogrammétrie pour l'orthophoto et la texture.

Ce qui compte vraiment : la méthode, pas seulement le capteur

Un nuage de points n'a de valeur que s'il est correctement géoréférencé. Positionnement RTK du drone, points de contrôle au sol mesurés indépendamment, recouvrement suffisant entre images (80 % longitudinal, 70 % latéral), altitude adaptée à la résolution visée : ce sont ces choix qui font la précision finale, quelle que soit la technologie. Le livrable doit ensuite arriver dans le bon système de coordonnées (Lambert 93 / RGF93 en France) et dans les formats de vos logiciels : LAS/LAZ, GeoTIFF, DXF, OBJ, IFC pour le BIM. C'est ce que nous détaillons sur nos pages cartographie par drone et modélisation 3D.

Questions fréquentes

La photogrammétrie par drone est-elle assez précise pour un plan topographique ?

Sur sol dégagé, avec drone RTK et points de contrôle, on obtient 2 à 5 cm de précision, suffisant pour un plan d'état des lieux, un suivi de terrassement ou une cubature. Les actes réglementés (bornage, division) restent du ressort du géomètre-expert.

Peut-on calculer un volume de stock par photogrammétrie ?

Oui, c'est l'un de ses usages les plus courants. Sur des matériaux nus (granulats, terres, déchets), l'écart avec un relevé au sol est généralement de 1 à 2 %.

Le LiDAR est-il toujours plus précis ?

Non. Sur une surface dégagée et texturée, les deux méthodes sont équivalentes. Le LiDAR l'emporte sous végétation, sur surfaces uniformes et pour les éléments fins ; la photogrammétrie l'emporte sur le rendu visuel et le coût.

Quel format de fichier vais-je recevoir ?

Nuage de points LAS/LAZ, maillage OBJ ou FBX texturé, orthophoto GeoTIFF, courbes de niveau DXF, et export IFC ou Revit sur demande pour le BIM. Nous adaptons au logiciel que vous utilisez.

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